Paul Klee - Biographie

Publié le par Anna-Sarah B.N.

Paul Klee



Enfance et adolescence

Le18 décembre 1879, Paul Klee naît à Müchenbruchsee, dans le canton de Berne en Suisse de Hans-Wilhelm Klee et de Marie-Ida Frick.
Il est baigné dès sa petite enfance dans le monde de la musique puisque son père est professeur de musique à l’école normal de Hofwil (chant, piano, orgue, violon) et sa mère, une cantatrice professionnelle même si elle se consacre à la vie de famille.

En 1880, la famille s’installe à Berne et dès 1882, sa grand-mère, Anna Catharina Rosina Frick, l’initie et l’encourage à la pratique picturale. Cette ambiance favorable contri­buera sûrement à sa propre considération plus tard pour les dessins d’enfants.

Le 10 novembre 1897 est la date des plus anciennes notes de journal intime de Paul Klee qu’on lui connaisse. Les journaux intimes sont, depuis, une constante importante dans la vie et l’œuvre du peintre. Ils sont soigneusement numérotés et organisés selon une méthode rigoureuse par l’artiste et rapportent aussi bien sa vie et ses sentiments intimes, ses considérations sur les œuvres qu’il réalise mais aussi des réflexions plus gé­nérales sur l’art.

La gestation de l'artiste

    Jusqu'en 1898, la production artistique de Paul Klee se monte à neuf fascicules d’es­quisses, généralement des scènes de la nature des environs. Il entre alors dans l’école privée d’Heinrich Knirr pour préparer le concours d’entrée à l’Académie des Beaux Arts de Munich après un premier refus.

D’octobre 1900 à mars 1901, Paul Klee fréquente finalement l’Académie Royale de Bavière à Munich sous l’enseignement de Stuck. Parmi les élèves de la classe qu’il fréquente, on note Kandinsky, Purrman et Weisgerber. Mais en mars, il quitte l’enseigne­ment de Stuck. Et il se fixe un programme «  Priorité à l’Art de vivre, puis, à la profession idéale : poète et philosophe. Enfin, métier concret : art plastique et finalement à défaut de rente : l’art pictural (Illustration). ». Le dessin illustratif constitue d’ailleurs à l’époque sa principale production artistique qui lui apporte une subsistance.

Echanges et influences

Du 22 octobre au 2 mai 1902, il part pour l’Italie où il est marqué par Léonard de Vinci, Michelangelo et Mantegna. Il adhère alors au club des artistes allemands à Rome, il s’y rapproche de l’artiste Karl Schmoll d’Eisenwerth et de Haller.
En octobre, il s’engage comme violoniste dans auprès de l’orchestre de La Société musi­cale de Berne dirigée par son ancien professeur Karl Jahn dont il assure la suppléance par intermittence.

En 1905, il séjourne à Paris avec Moilliet et Bloesch. De retour en Allemagne il met à jour la doctrine de son art « en style d’enfant ».
Il se marie avec la pianiste Lily Stumpf en 1906, la même année où il découvre le Candide de Voltaire et où il participe à l’Exposition internationale de la Sécession  muni­choise avec dix gravures. Klee rencontre J.E Sonderegger qui lui révèle Toulouse-Lautrec, Munch et Ensor. Le couple s’installe alors à Munich.

De 1907 et 1908, le peintre voit l’exposition Monet-Manet à la galerie Heinemann, une exposition Toulouse-Lautrec et deux expositions Van Gogh à Munich, puis au printemps 1909 il découvre Cézanne à l’exposition sécessionniste dont il déclare « il est mon maître à penser par excellence, je suis imprégné de lui encore plus que de Van Gogh ».

Première exposition présentant 56 œuvres techniques au Musée des Beaux Arts de Berne du 16 juillet à fin novembre, montrée ensuite à Zurich, Winterthur et Bâle jusqu’à la fin 1910.

Dans l’année 1911 il rencontre Auguste Macke, Wassily Kandinsky. Il fait partie avec Kubin, Scharff, Schiele et Weisgerber du club d’artistes « Sema » ainsi que du groupe hel­vétique « Modernen Bund ». Il est également admis au cercle du « Der Blaue Reiter »où il fait la connaissance de Marc, de Jawlensky et de Werefkina.







En avril 1914, Klee, Macke et Moilliet font un voyage en Tunisie qui lui révèlera son ta­lent de peintre coloriste et le fascinera par sa musique populaire.








La mort de Macke à la guerre le 26 septembre, marque profondément Klee, qui était
 déjà mal à l’aise avec ce conflit. Suivant Worringer, l’Abstraction dans l'art, serait alors pour Klee, comme l’antithèse de la réalité « pleine d’effroi ».Le 4 mars 1916, Paul Klee re­çoit en même temps l’avis de décès de Franz Marc et son appel aux armes. Il évite d’être envoyé au front par des amis influents et finit par se retrouver le 16 janvier 1917 affecté à une école de pilotage, à la gestion de la trésorerie. En juillet, c’est l’ébauche d’un traité, l’artiste y parle de « peinture polyphonique » et écrit que « la forme doit fusionner avec l’esprit ».

Klee et le Bauhaus

L’année 1920 marque chez Klee le début significatif de sa reconnaissance publique comme artiste. En mai, dans la galerie Neue Kunst (Art Nouveau) de Hans Goltz à Munich, c’est l’exposition de 365 de ses œuvres de techniques diverses. En octobre,  Walter Gropius l’engage comme professeur au Bauhaus de Weimar où il commence son enseignement en janvier de l’année suivante. Au début son cours se porte sur l’art de la reliure et sur la peinture sur verre puis il se voit attribuer un cours sur la peinture. Le pre­mier cycle s’intitule « Contributions à l’enseignement pictural de la forme ». Il retrouve dans cette école beaucoup d’artistes qu’il a déjà côtoyé au « Blaue Reiter » ou ailleurs, comme par exemple Kandinsky pour qui il éprouve à la fois de l’amitié mais aussi une grande admiration.
1921 est aussi l’année de la publication de l’ouvrage de Wilhelm Hausenstein  Kairuan, oder eine Geschihte vom Maler Klee und von der Kunst dieses Zeitalters (Kairouan ou l’­histoire du peintre Paul Klee et de l’art à son époque), première étude sur son œuvre.
En 1923, il participe à la première exposition festival du Bauhaus.

Le 26 janvier 1924 Klee tient une conférence au Club des Arts de Iéna, qui restera cé­lèbre « Du modèle à la matrice », où il discerne le mandat authentique de l’artiste des temps modernes. Le Bauhaus ferme sous la pression des attaques de la droite politique, mais il est rouvert à Dessau. La même année a lieu la première exposition de Klee aux Etats-Unis  organisée par la Société Anonyme de New York.
L’année suivante le livre Pädagogische Skizzenbuch (Carnets d’études pédagogiques) est publié contenant le contenu des leçons de Klee au Bauhaus et l’artiste participe entre autres à la première exposition du groupe surréaliste à la galerie Pierre à Paris. C’est l’a­vènement du cycle des «Figurations parallèles ».

En 1926, c’est l’inauguration du nouveau Bauhaus et l’emménagement de la famille Klee à Dessau. L’artiste voyage en Italie du Sud.
En 1928, il rencontre Emil Nolde et expose du 18 au 21 avril chez Flechtheim à Düsseldorf. Il publie également Recherches exactes dans le domaine de l’art où il dé­nonce la philosophie toujours plus rationaliste qui règne au nouveau Bauhaus. C’est dans la même année qu’il effectue son voyage en Egypte.

De 1930 à1931, c’est le début de la période «divisionniste» .Paul Klee résilie son contrat avec le Bauhaus et le premier avril, il accède à une chaire professorale auprès de l’Aca­démie des Arts de Düsseldorf, mais ne compte que peu d’élèves à son cours.





Le III ème Reich et la censure

En 1933, Hitler devient chancelier du Reich et le peintre se voit contraint de produire la preuve de son sang aryen. A la même époque, il est licencié sans préavis de sa chaire professorale.
Le 23 décembre, Klee quitte l’Allemagne et se rend à Berne où il vivra jusqu’à sa mort.
En 1934, les autorités allemandes confisquent un ouvrage de Will Grohmann sur les des­sins de Paul Klee.
En 1935, alors qu’il commence à percevoir les douloureux symptômes de la sclérodermie, il expose 273 œuvres à la Kunsthalle de Berne.

Durant l’année 1937, l’exposition « Entartete Kunst » (Art dégénéré) organisée à
Munich par le gouvernement national socialiste, présente 17 œuvres de Klee qui seront compa­rées à la production d’un schizophrène.
Au moins 102 oeuvres seront retirées des collections allemandes. Sa production ar­tistique, jusqu’ici atténuée par la maladie, reprend alors avec le plus grand acharnement.

L’inventaire de son oeuvre, effectué en 1939, regroupe pas moins de 1253 oeuvres.


Il meurt le 29 juin 1940 à Muralto, canton du Tessin, en Suisse.



Depuis le mois de juin 2005, le Centre Paul Klee (ZPK) a ouvert à Berne en Suisse. Il s'agit d'un bâtiment spécialement construit et dédié à l'oeuvre de l'artiste, dont le fonds comprend plus de 4000 oeuvres, tout supports et techniques confondus.
http://www.zpk.org/ww/fr/pub/web_root.cfm















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