Fiac 2005

Publié le par Claire



FIAC La 32ème Foire Internationale d’Art Contemporain

Du 6 au 10 Octobre à PARIS


    Ah ! La Fiac, la Fiac, tous les ans c’est toujours le même buzz début octobre…
Oui, mais alors, la Fiac, c’est quoi ?
    La Foire Internationale d’Art Contemporain présente chaque année des centaines de galeries venues des quatre coins du monde. On rencontre donc beaucoup d’artistes, de collectionneurs et de galeristes. C’est l’occasion de faire en quelques heures le tour d’un maximum de galeries et d’avoir un aperçu de ce qui se fait en ce moment en matière d’art contemporain. On repart avec un sac chargé de cartes de visite de galeries, de prospectus et autres posters offerts, on fait un peu son marché d’expositions.






    Paris, parc des expositions à la porte de Versailles ; un gros dilemme se présente à vous : la Fiac qui s’étale sur deux grands halls représentent un minimum de 3 ou 4 heures de visite en tout et vous n’êtes pas superman, au bout de 2 heures, peut-être 3 si vous êtes résistant, vous en aurez vite assez. Il y a donc de grandes chances pour que vous soyez moins attentif dans la visite du deuxième hall. C’est pourquoi il est primordial de se renseigner avant sur le contenu respectif des deux halls pour profiter pleinement et ainsi bien rentabiliser sa visite (eh oui ! A 17 euros l’entrée…). Oui bon, maintenant c’est trop tard, mais vous le saurez pour l’an prochain.


    Il y a donc différentes catégories de galeries réparties sur les deux halls. Le hall 5.1 accueillent les secteurs Future Quake (galeries ayant maximum 3 ans d’activité)et Perspectives (10 ans), tandis que les grandes galeries d’art moderne et contemporain ainsi que le secteur design (nouveauté de la Fiac 2004) se tiennent dans le hall 4.



    Le hall 5.1 présente donc de l’art plus actuel que contemporain, des artistes plus récents et donc pas forcément encore très connus ou très côtés. Ce sont dans l’ensemble de jeunes galeries créatives et accueillantes où l’ébullition artistique se fait agréablement ressentir. Le hall 4 qui présente la crème des galeries est malheureusement beaucoup plus conventionnel. Très peu d’initiatives sont prises par les galeries pour sortir du système de présentation en quadrillage imposé par la Fiac. On retrouve souvent les mêmes artistes d’une année sur l’autre et parfois les mêmes œuvres. Malgré tout, les grandes galeries restent un must de la Fiac.
Intéressante également l’exposition de la galerie Henze & Ketterer à l’occasion des 100 ans du groupe die Brücke (expressionnisme allemand).



    Le Hall 4 avait le privilège de présenter les 4 nominés au prix Marcel Duchamp 2005 : Kader Attia, Gilles Barbier, Olivier Blanckart et Claude Closky. En partenariat avec le Centre Pompidou, c’est la première année que la présentation et l’élection se passent à la Fiac.
    Kader Attia présente souvent des installations (Hallal  à la galerie Memnour ou encore  Flying Rats  à la Biennale de Lyon 2005 qui, dans le cadre de l’expérience de la durée, est une installation où des sculptures d’enfants réalisées à partir de nourriture pour oiseaux sont présentées dans une cage peuplée de pigeons). A la Fiac est exposée  Childhood , installation composée de carrelage, égouttoirs, colliers en cuirs et miroirs, elle fait référence à l’enfance de l’artiste et du traumatisme causé par la violence de l’acte de circoncision que l’artiste associe à l’excision.


   
                                                                                                                                               Gilles Barbier, récemment exposé dans Burlesques Contemporains au Jeu de
Paume et en couverture du dernier Beaux-Arts Magazine (le rose), présente l’Orgue à Pets. L’œuvre met en scène un clone de l’artiste relié à 6 mètres d’alambic de verre aux formes biomorphiques (l’orgue à pets), et dénonce ainsi l’ambivalence de la « gloire des artistes et du grotesque de leur posture ». Le travail de Gilles Barbier est très graphique.












    Olivier Blanckart présente Whore and the Beast (l’effroi de St Virillard), la prostituée et la bête en français. Son installation s’inscrit à la marge de la longue tradition chrétienne des Beatus. N’étant pas moi-même suffisamment renseignée sur le passage de l’apocalypse concernant St Virillard, je ne suis pas en mesure de fournir de plus amples informations.


    Et enfin, Claude Closky, vainqueur du Prix Marcel Duchamp cette année. Ce n’est pas si étonnant quand on sait que le gagnant, outre le chèque de récompense, a le privilège de présenter une exposition au Centre Pompidou et que Claude Closky, auteur du graphisme des tickets d’entrée à Beaubourg avait déjà fait l’objet d’une exposition à l’atelier des enfants récemment. Cela dit, loin de moi l’idée de remettre en cause le choix du jury car c’est l’ensemble de l’œuvre qui est récompensé et Claude Closky, c’était mon chouchou… Journal est une installation vidéo qui projette un flux rapide d’images le plus souvent issues de l’univers populaire de la télévision (journaux télévisés, divertissement…) auxquelles des sons font écho. Il y a donc un mix visuel et sonore.



    Dans un tout autre registre -eh oui, on passe du coq à l’âne à la Fiac et cet article est censé le révéler- la DS de Citroën qui fête ses 50 ans fait l’objet d’une présentation dans les deux halls . Y sont présentées les différentes collaborations avec des artistes, des films retraçant son histoire et même un texte extrait de Mythologies de Roland Barthes. Alors la DS, une voiture comme œuvre d’art ? On pense également à la berline 1007 D.day de Peugeot présentée à Beaubourg dans le cadre de l’exposition D.day. Et ça ne choque personne une voiture dans un lieu d’exposition dédié à l’art ? Citroën est partenaire de la Fiac, ceci explique peut-être cela.



    Le projet de Raphaël Juillard n’est pas passé inaperçu : faire réaliser 1000 monochromes rouges par des artisans chinois (en référence vous l’aurez compris à la polémique sur l’importation du textile chinois en France et en europe) et les vendre sur la fiac au prix de 100 euros pièce. Ce jeu sur le marché de l’art a fait sensation et la totalité du stand a été vendue dès la première journée. Un tableau a d’ailleurs été acquis par l’Espace de l’art concret à Mouans-Sartoux (06).Le tableau devenait œuvre dès lors qu’il était vendu et que le ticket de caisse était collé au derrière.







    La galerie Incognito s’est également fait remarquer par son concept novateur : une galerie de 5 m² (si, si, ce n’est pas une faute de frappe !) ouverte 24H/24 et 7j/7 au détenteur d’une carte magnétique vip (5OO euros par an) et ouvert à tous à l’occasion des vernissages. John Armleder figure parmi les artistes déjà exposés.

    On a pu remarquer en passant entre les stands cette installation-performance d’un couple d’artiste qui consistait à littéralement enfermer l’une des deux personnes pendant toute la durée de la Fiac, ce temps étant mis à profit pour l’écriture du dernier chapitre d’un roman autobiographique de la personne enfermée en question.







    Le chant du coq a déboussolé un bon nombre de visiteurs dans le Hall 5.1. Drôle de fond sonore pour une foire d’art contemporain. Beaucoup, blasés ont pensé à une nouvelle facétie d’artiste décalé mais en montant les escaliers en bois de cet espace privilégié, c’est bien sur un vrai poulailler avec de vraies poules et de vrais coqs qu’on arrivait. Cette installation, œuvre d’Alexandre Périgot repose sûrement sur un discours très savant ou du moins très réfléchi. En tous cas, je n’ai pas saisi de quoi il s’agissait vraiment, mais j’ai apprécié la manière dont l’œuvre elle-même se présentait, comment en ajoutant un étage auquel on accède par un escalier, elle se jouait de l’espace quadrillé imposé à chaque stand mais aussi comment par le chant des coqs, la perception de l’œuvre pouvait influer sur la visite des passants. L’installation allait au-delà de l’espace dans lequel elle était confinée. Alexandre Périgot donc, dont le nom commence à émerger: on parle d’une grande installation présentée à la villette reproduisant la maison d’Elvis. Intriguant…

    Voilà pour la Fiac telle qu’elle était au parc des expositions. Mais une des grandes innovations de cette année, c’était la volonté de recentrer la Fiac au cœur de Paris. De nombreuses manifestations étaient donc organisées en partenariat et en parallèle de la Fiac.



   

   Avec votre ticket d’entrée à la Fiac, il vous était permis d’enter dans le Grand Palais (les soirs du 6 au 8 octobre seulement) dans lequel étaient exposées des œuvres plus monumentales (une grande roue…). Rappelons-nous que la Fiac, avait habituellement lieu au grand palais avant sa fermeture.C’était donc l’occasion de revoir le magnifique Grand Palais enfin rénové et de profiter de son espace. Le public était déjà plus restreint au grand palais qu’à la Fiac. Un léger snobisme régnait dans l’air…

   










    A l’espace Paul Ricard, partenaire de la Fiac, se tenait l’exposition Offshore où était exposée la jeunesse française de l’art contemporain (Virginie Barré également présente à la Fiac, Thomas Lélu , exposé à « J’en rêve » à la Fondation Cartier…). L’exposition se déroulait sur trois salles. Dans la deuxième, les artistes avaient investi de leurs œuvres une plateforme. Dans la première salle, une vidéo montrait en temps réel ce qui se passait sur la plateforme grâce à une caméra intégrée au dispositif. Et dans la troisième salle une vidéo présentait le commissaire de l’exposition Jean-Max Colard sous hypnose : une bonne alternative à l’exercice figé de l’interview du commissaire souvent diffusé à l’extérieur de l’exposition.




    Au-delà de ces manifestations en partenariat direct avec la Fiac, de nombreuses manifestations ont calqué leur calendrier sur celui de la Fiac : Vienne 1900 au Grand Palais, Dada à Beaubourg… Cette solidarité entre les diverses institutions artistiques et culturelles parisiennes est due à la concurrence de toutes les nouvelles foires d’art contemporain et fait gage de la volonté de Paris de rester un lieu d’effervescence incontournable de la scène artistique contemporaine.




    La Fiac semble renaître de ses cendres, après l’édition 2003 plutôt décevante et celle de 2004 encore un peu tâtonnante. La présentation de la Fiac permet une confrontation objective des galeries et présente de multiples manières de concevoir l’art contemporain. L’effort fait par les artistes et les galeries pour se faire remarquer est rafraîchissant, il éveille la curiosité. Les galeries sont en représentation à la Fiac, elles ne se présentent pas exactement telles qu’elles sont, elles doivent se vendre et être attrayantes pour attirer un maximum de gens qui n’aurait pas le réflexe de rentrer dans une galerie en temps normal. Pensez à réserver votre place pour l’année prochaine et qui sait, on y verra peut-être bientôt un stand Neutral Art…
 

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Commenter cet article

zoso 30/11/2005 17:07

Salut,
Je viens de voir "Flying rats" de Kader Attia à Lyon et la polémique autour de l'oeuvre ne cesse de me ravir...
http://dndf.over-blog.com/article-1301045.html

systool 26/11/2005 12:11

Hello... Merci pour cet article!!!

walsong violoniste incomprise 19/11/2005 16:01

Bonne journée et une visite prévue à la journée des salles des ventes (il paraît qu'elles ouvrent cette fin de semaine au vuglus populus, un monde très intéressant ça, mine de rien...)
A plus, j'ai pas mal de retard, mais c'est un peu normal, nous somme le week-end, et avec moi... c'est toujours un peu anarchique! lol

sieglind 17/11/2005 12:15

Alors j'ai juste? MDR! Le problème c'est que cela fonctionne dans l'autre sens, et quand je n'aime pas, il faut que ça sorte également, pas très diplomate la dragonne!
Bonne journée et à plus.

sieglind 15/11/2005 11:06

J'ai souri parce que je n'avais pas vu les catégories (il y en a une "soyez nos envoyés spéciaux") cela m'a fait repenser à mes articles sur la visite de la tribu au Louvre (dans ma catégorie "gaffes et mésaventures") ça ferait vraiment désordre ici. MDR! Pardon, je sais mais je ne peux pas m'en empêcher (nature quand tu nous tiens)

Bonne journée